Solidarité envers les personnes handicapées : au-delà des mots, des actes concrets
Par Brigitte Le Brethon le mercredi 9 mai 2007, 00:00 - Archives - Lien permanent
Quelques jours après la polémique sur la place des handicapés à l'école lors du débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy il me semble opportun de rappeler l'évolution de la solidarité pour les handicapés de 2002 à 2007.
Certes lorsque l'on se lance dans ce type de présentation la lecture va paraître fastidieuse.
Mais ce sont des actions concrètes. Leur diversité, leur nombre marquent bien un net progrès. Bien sûr des attentes complémentaires doivent être encore formulées.
ENFIN on est sorti des intentions, du discours, et des DECISIONS ont été prises.
Avec la lutte contre le cancer, la sécurité routière, l'insertion des personnes handicapées constitue l'un des 3 chantiers prioritaires du quinquennat qui se termine du Président de la République.
Le socle de cette évolution est la loi du 11 février 2005 qu'avec honneur j'ai votée, pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Elle réaffirme les "droits fondamentaux des personnes handicapées" et la "solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale" à leur égard.
Elle donne à chacun le droit de choisir son projet de vie.
1.Création d'un droit à compensation qui implique la prise en charge par la collectivité des dépenses liées au handicap
Ce texte vise aussi à favoriser l'intégration scolaire et l'insertion professionnelle, à renforcer l'accessibilité aux espaces publics et aux moyens de transport ainsi qu'à simplifier les démarches administratives.
- Mise en place de la prestation de compensation du handicap depuis le 1er janvier 2006 (sur les 28 milliards consacrés aux personnes handicapées en 2006, 1,2 milliard est affecté à la prestation de compensation – 200 000 personnes au lieu des 110 000 bénéficiaires de l'ACTP sont concernées par la prestation de compensation de l'handicap.)
-800 000 personnes sont concernées par AAH dont le montant s'élève désormais à 621.27 € par mois ( 1,8% d'augmentation au 1er janvier 2077) . Son complément destiné aux handicapés qui ne peuvent plus travailler est fixé à 179.31 et la majoration pour vie autonome à 103.63 €
J'apprécie et je soutiendrai le programme volontariste de Nicolas Sarkozy assurant que chacun doit vivre dans la dignité pour cela les ressources doivent progresser : AUGMENTATION DE 25% de l'AAH pour atteindre 800 € au minimum.
La revalorisation du montant de l'AAH est indispensable pour donner des conditions d'existence décentes.
Il faut clarifier les différentes allocations attribuées aux personnes handicapées pour garantir vraiment une égalité dans les conditions d'existence.
2- Amélioration de la scolarisation des enfants handicapés.
Depuis 3 ans progression sans précédent du nombre d'enfants handicapés scolarisés : plus de 40% d'élèves dans le 1er degré et 70% dans le 2ème degré.
Le nombre d'enfants handicapés scolarisés dans les écoles est passé de 89 000 en 2002 à 160 000 à la rentrée 2006.
Le nombre d'auxiliaires de vie scolaire qui les accompagnent est passé de 4 700 à 8388 soit une augmentation de 80 % pour la même période.
Nul besoin de commenter les commentaires de la candidate à la présidentielle en total décalage avec la vérité !
La loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et handicapées a institué un Programme de création de places en établissement et met en place la prestation de compensation pour les personnes polyhandicapées.
Force est de constater : le doublement du rythme de création de places pour les enfants handicapés et le triplement pour les adultes handicapés sur la période 2003-2007 par rapport à la période 1998-2002.
La journée de solidarité génère 2 milliards € par an : 1,2 milliard pour les Personnes Agées et 800 millions aux Personnes Handicapées.
Là encore il faut progresser et respecter mieux encore le droit des enfants handicapés dans les écoles de droit commun. L'effort de l'Etat doit encore progresser comme celui des collectivités responsables selon le niveau et la nature d'enseignement.
Pour la ville de Caen c'est un engagement qui comme les autres sera tenu !
Le besoin d'un enfant handicap d'étudier et de s'épanouir avec les autres enfants doit être assuré.
C'est un droit pour chaque enfant handicapé, mais c'est aussi une chance pour les autres enfants qui s'ouvrent ainsi à la différence. Il n'est vraiment pas acceptable que des enfants soient dirigés vers des établissements spécialisés lorsqu'ils pourraient être scolarisés dans des établissements ordinaires.
J'apprécie la déclaration de Nicolas Sarkozy qu'il souhaite rendre opposable le droit de tout enfant handicapé à être scolarisé dans l'école de son quartier.
Les parents d'élèves des Millepertuis à Caen doivent bien comprendre ma réaction EUX qui avec moi ont dû vraiment combattre lorsqu'un responsable de l'inspection académique remettait en cause la présence d'enfants trisomiques avec d'autres enfants. Le résultat au quotidien prouve la réussite de cette démarche et surtout combien les enseignants savent valoriser l'accueil de l'ensemble des enfants. Alors il faut accepter de telles remises en cause malgré la réussite !
Pouvoir agir ainsi va permettre de progresser et surtout d'éviter de reculer.
Il faut favoriser l'accès des personnes handicapées aux établissements d'enseignement supérieur où elles sont trop peu présentes.
Tous les enseignants d'éducation physique et sportive, les responsables et les animateurs de clubs sportifs doivent être formés au HANDISPORT afin que les enfants et les adultes handicapés puissent pratiquer le sport avec les autres personnes.
La proposition de formation aux enseignants du 2ème degré pour favoriser l'insertion des jeunes handicapés dans leurs classes doit être renforcée. Vouloir bien faire n'est pas suffisant, il faut être épauler comme enseignant pour réussir l'intégration des jeunes handicapés dans la classe.
3-Légalisation du principe de non-discrimination à l'emploi et prévision de sanctions financières à l'encontre des entreprises n'ayant accueilli aucun handicapé (jusqu'à 1500 fois le Smic pour celles qui n'auront recruté aucun handicapé d'ici à 2009)
Le 7 juin dernier l'installation du Fonds pour l'insertion professionnelle des Personnes Handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) oblige les employeurs publics qui ne respectent pas l'obligation légale d'emploi de 6 % de Personnes Handicapées à verser des compensations financières.
Ce fonds aide les employeurs publics à aménager des postes de travail, à améliorer les conditions de vie des travailleurs handicapés pour faciliter leur insertion professionnelle ou accroître leur formation, leur information.
Le travail est l'un des facteurs essentiels de l'intégration sociales, mais beaucoup de Personnes Handicapées se heurtent aux appréhensions de certains employeurs.
La priorité est bien d'atteindre le quota de 6% de présence dans les entreprises et dans les administrations prévu dans la loi, puis de le dépasser.
4-Renforcement de l'insertion des personnes handicapées
La création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) par la loi du 30 décembre 2004 est compétente pour les discriminations raciales, religieuses, sexistes et homophobes, notamment dans l'emploi.
17% des saisines de la Halde concernent la SANTE ou le HANDICAP
5-La prise en compte du quotidien des familles
A l'heure des dépistages prénataux, et des interventions thérapeutiques de grossesse, le choix des familles qui ont décidé d'accueillir un enfant handicapé doit être salué et respecté.
L'Etat doit, par ailleurs simplifier la vie de ces familles et surtout les soutenir.
J'interviendrai pour soutenir l'ouverture de droits sociaux aux personnes qui arrêtent de travailler pour s'occuper d'une personne handicapée.
Il faut mettre fin au scandale de l'insuffisance voire l'absence de places d'accueil pour les enfants lourdement handicapés, ces enfants qui deviennent adultes qui laissent leurs parents dans la crainte de mourir avant d'avoir pu trouver une solution.
Le bénévolat au sein d'associations pour le handicap doit être favorisé.
J'apprécie cette idée une année de bénévolat dans une association donnera droit à un stage de formation gratuit. De même 10 ans de bénévolat régulier donneront droit à une année de cotisation pour la retraite.
Les aides au maintien à domicile doivent aussi progresser.
La CNSA créée par le gouvernement doit voir ses pouvoirs et ses ressources renforcés et qu'elle se transforme pour devenir une cinquième branche de la protection sociale garantissant que la collectivité nationale affecte à ces concitoyens des moyens suffisamment importants et pérennes. Concernant son financement elle bénéficiera des ressources propres nécessaires à sa mission, soit par affectation d'une partie de la contribution sociale généralisée, soit par affectation d'une partie des cotisations sociales.
C'est un engagement de Nicolas Sarkozy que je soutiens et qui va permettre une prise en charge des situations de perte d'autonomie.
TOUT n'est pas traité dans ce texte loin de là :LOGEMENT-perte d'autonomie-transports-politique de la ville-accessibilité-rompre l'isolement-Pratiques culturelles-formation et/pour emploi
LE CADRE INSTITUTIONNEL et LEGISLATIF doit encore s'adapter.
Des propositions-engagements y sont exprimées clairement.
Ce vendredi 4 mai 2007 j'ai rencontré Mme Sylvie STEPHANAZZI représentante départementale de l'APF accompagnée de M LEBOUCHER membre du conseil départemental de l'APF et de Monsieur GUERIN aussi membre du conseil départemental de l'APF.
Notre échange a démontré combien je suis proche de leurs attentes, souvent anticipées dans mes propositions. Les acteurs associatifs doivent être associés aux politiques de mises en œuvre.
Coutumière de la prise en compte du handicap, favorisant celle-ci de manière transversale dans tous les services, tous les sujets traités par la ville, je suis totalement favorable à cette généralisation à l'échelle nationale.
La question du handicap physique, mental, celui qui résulte du vieillissement, doit politiquement être relevée.
Les pouvoirs publics doivent prendre davantage en considération nos concitoyens touchés directement par ces difficultés.
L'ambition d'une politique transversale et intégrée du handicap est bien la forme adaptée de la réponse.
Plus que jamais comme pour la SANTE notre société doit privilégier certains choix.
Pour en savoir plus sur la loi de 2005, cliquez ici, sur l'action conduite à Caen en faveur des handicapés, cliquez ici

