Personnes handicapées: au-delà des mots, des actes concrets
Par Brigitte Le Brethon le vendredi 4 mai 2007, 00:00 - Archives - Lien permanent
J'ai reçu récemment à ma permanence une personne qui a exprimé son insatisfaction concernant le traitement des personnes handicapées et plus particulièrement des autistes.
J'ai été très sensible à cet élan du cœur de la part de ce grand-père d'une petite fille autiste et je tenais à le rassurer sur notre implication sur ce sujet majeur et à apporter quelques précisions sur l'action menée au plan national et local.
Ce questionnement concernant l'action du Gouvernement en matière de handicap est intéressant car il prolonge le débat qui a eu lieu mercredi 2 mai 2007 entre les deux candidats à l'élection présidentielle.
Tout d'abord, Nicolas SARKOZY a eu le mérite hier de placer la cause des handicapés au cœur de l'action publique et de donner ainsi le signal qu'il fallait poursuivre l'effort engagé par le Gouvernement actuel depuis 2002 sous l'impulsion du Président de la République.
En effet, le Président de la République avait annoncé sa décision de faire de l’insertion des personnes handicapées l’un des « trois grands chantiers » de son quinquennat avec l'ambition de renforcer notre cohésion nationale par davantage de justice et donc davantage d’attention aux plus vulnérables.
Le 11 février 2005, la loi handicap a été votée et a permis des avancées notables pour une prise en charge personnalisée et globale du handicap. Cette grande loi a été saluée par les handicapés et l'ensemble des associations qui agissent pour leur intérêt.
Enfin et depuis 1975, cette loi affirme des droits fondamentaux en termes d’emploi, de scolarité, d’accessibilité et d’accès à de nouvelles prestations sociales jusqu'à modifier les contraintes de superficie minimale des logements. Mais son ambition va au-delà : la loi handicap plaide pour un changement de comportement, un changement de regard de la société pour une intégration pleine et entière des personnes handicapées. Elle demande à chacun d’entre nous d’être vigilant pour que les personnes handicapées trouvent leur place dans une société juste et solidaire.
Les grandes mesures de la loi sont aujourd’hui mises en oeuvre et il nous appartient de veiller à l'application de celle-ci au quotidien.
Une des principales évolutions de la loi est de reconnaître, à tout enfant ou adolescent porteur d’un handicap, le droit d’être inscrit en milieu ordinaire, dans l’école la plus proche de son domicile.
Ainsi, grâce à cette loi, un enfant handicapé peut désormais être scolarisé à l'école de tous, celle de son quartier. Contrairement aux propos tenus par Madame ROYAL hier, le plan Handiscol n'a pas été sabordé, il a été enrichi.
Ainsi, le nombre d’auxiliaires de vie scolaire est passé de 4 700 en 2002 à 8 388 en 2006, soit une augmentation de 80%.
Par ailleurs, en 2006, 160 000 enfants handicapés sont accueillis dans les établissements scolaires contre seulement 89 000 en 2002, soit une augmentation de 70%. 20 000 enfants bénéficient d'un accompagnement individuel contre seulement 7 400 en 2002.
Je pense que ces chiffres contribueront à infléchir la perception de l'action du Gouvernement. Des choses ont été faites, nous avons eu le courage de placer au cœur du débat le handicap et de vouloir sortir de l'inanité ambiante.
Je sais aussi comment à Caen à l'Ecole nous nous rassemblons pour trouver des solutions. Je sais aussi que parfois c'est un combat : par exemple aux Millepertuis l'accueil des enfants trisomiques a été remis en cause par un certain inspecteur dont j'ai réussi à faire annuler les décisions.
En tant que parlementaire, j'ai voté avec fierté cette loi et j'ai interpellé le Gouvernement sur de multiples sujets (langues des signes, fiscalité des handicapés…) afin que la vie des personnes handicapées s'améliore. Aujourd'hui, je vois que les choses bougent, sans doute pas assez vite pour prendre en compte tous les maux et tous les cas individuels.
J'ai surtout voté cette loi parce qu'elle change la façon d'aborder les problèmes. Désormais, c'est avec les personnes handicapées et pour elles, que nous mettons en application la loi au plan local. Cette prise en compte de la parole des personnes handicapées est nouvelle et mérite d'être soulignée.
De nombreuses associations comme par exemple l'association Autisme France se sont d'ailleurs inscrite dans cette démarche partenariale en devenant membre à part entière du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées qui veille à la bonne application de la loi.
Au plan local, Caen a depuis longtemps une forte expérience en matière d'amélioration de la vie des personnes handicapées. Beaucoup reste à faire, mais je ne peux admettre là aussi le constat de l'immobilisme.
Dés 1996, un groupe d'appui "les handicapés dans la ville" a été créé à votre initiative. Il a été réactivé en 2003 à l'occasion de l'année européenne du handicap. C'est le besoin d'apporter une écoute de proximité et de détail au-delà des lois générales qui a présidé à cette initiative.
A titre d'exemple, et bien avant que le décret de 1994 ne rende obligatoire l'examen du volet accessibilité dans l'instruction des permis de construire, toutes les opérations de restructurations de bâtiments existants ou nouveaux sous maîtrise d'ouvrage de la ville ont été menées avec le souci de rendre les locaux accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Le plan d'accessibilité du centre–ville publié sur le site internet de la ville (cliquez ici) est une illustration concrète de cette prise en compte. Des aménagements de voirie spécifiques (feux sonores, bandes podo tactiles, place de stationnement, aménagement du parc de la Colline aux Oiseaux …) ont été engagés depuis de nombreuses années en liaison étroite avec les utilisateurs handicapés.
Ces dispositions ont anticipé pour partie le décret du 21 décembre 2006 qui impose dans toutes les communes au plus tard le 23 décembre 2009 la réalisation d'un plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics.
L'Office du Tourisme a également intégré très tôt cette problématique en proposant des visites en langues des signes. Les travaux d'accessibilité aux remparts du château de Caen et dans les lieux culturels sont venus compléter cette action.
L’accès « à tout pour tous », tel est le mot d’ordre, induit par la loi du 11 février 2005, que nous mettons en œuvre à Caen.
Grâce à une politique municipale volontariste, Caen n'a pas de retard en la matière, la ville a même une politique d'intégration exemplaire des enfants polyhandicapés en crèche ou à l'école.
C'est ainsi que l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAPT) lors de la 3e édition des trophées du Handicap et de la citoyenneté en 2006 a reconnu la ville comme un partenaire de 1er plan au niveau national et a constaté que l'action municipale faisait progresser la reconnaissance de la citoyenneté des personnes handicapées.
Soyez assuré que je travaille avant tout pour l'amélioration de la vie des personnes et notamment des plus faibles, c'est l'une des raisons de mon engagement. Je ne suis jamais dans le discours mais dans les actes posés et je serai donc attentive à ce que l'accompagnement que la ville apporte aux associations sous forme de subventions ou de mise à disposition de locaux se poursuive et se renforce.
J'espère que ces précisions permettront de rallier à cette cause de nouveaux partenaires qui relayeront l'action municipale et nous feront remonter les difficultés rencontrées dans cet enjeu qui nous concerne tous afin d''amplifier les résultats actuels.
Pour en savoir plus sur la loi de 2005, cliquez ici, sur l'action conduite à Caen en faveur des handicapés, cliquez ici

